Cerner le risque de contrepartie

Par le 27 juin 2014

Dans le domaine de la gestion des risques, le risque de contrepartie est un risque souvent mal appréhendé et souvent confondu abusivement avec le risque crédit. Essayons de le définir puis d’en dresser les contours dans une entreprise n’appartenant pas au secteur financier.

L’approche dans le secteur financier

Le risque de crédit, se définit comme  le risque de perte sur une créance ou plus généralement celui d’un tiers qui ne paie pas sa dette à temps. Il est naturellement fonction de trois paramètres: le montant de la créance, la probabilité de défaut et la proportion de la créance qui ne sera pas recouvrée en cas de défaut.

Le risque de contrepartie est le risque qu’une contrepartie, par sa défaillance  ne puisse plus respecter ses engagements. Le risque de contrepartie peut être différent du risque de crédit.

Prenons un exemple, imaginons que l’on souhaite acheter un bon du Trésor portugais, en voulant en plus nous couvrir du risque de défaut du Portugal. On achète par conséquent un CDS (Credit Default Swap, contrat qui agit comme une assurance contre un éventuel défaut) . Dans ce cas, pour l’obligation portugaise on peut parler de risque de contrepartie aussi bien que de risque de crédit, on aura tendance à utiliser ce dernier terme. Cela correspond au fait que le Portugal peut faire défaut et ne pas nous rembourser les fonds que nous lui avons prêtés. Par contre, sur le CDS , on peut uniquement parler de risque de contrepartie. La banque qui nous a vendu ce CDS est censée, en cas de défaut du Portugal, nous dédommager, mais elle peut très bien ne pas avoir les fonds nécessaires pour nous dédommager à hauteur de ce qui était prévu dans notre contrat « CDS ».

Le risque de contrepartie dans le secteur non financier

Dans une entreprise le risque de contrepartie amène à s’interroger sur les pertes subies en cas de défaut d’une contrepartie. Il concerne tout type d’activités : les achats et ventes de biens et de services, la gestion de trésorerie, les assurances, les partenariats, projets de constructions,…

Le chiffrage du risque de contrepartie conduit à évaluer sur  les pertes subies en cas de défaut d’une contrepartie. Ces pertes peuvent concerner quatre postes:

  • Risque de règlement, pour les factures demeurées impayées ou les avances non récupérables en raison de la défaillance d’un fournisseur.
  • Coût d’opportunité, par exemple le défaut d’une contrepartie peut conduire à la perte de contrats dégageant des bénéfices.
  • Coût de remplacement,  il s’agit des coûts à engager pour remplacer  des contrats non honorés.Par exemple, le défaut d’un fournisseur sur un projet d’investissement nécessitera  trouver un autre fournisseur, avec potentiellement une double conséquence financière:  le paiement d’un surcoût d’approvisionnement et un retard sur la livraison du projet.
  • Pénalités payées à des tiers pour le non respect d’engagement contractuel.

Le chiffrage du risque s’appuie sur l’évaluation sur chacun de ces postes d’une exposition. Cette exposition devra ensuite être convertie en « espérance de perte » en la multipliant par une probabilité de défaut. La probabilité de défaut pourra pour les groupes qui bénéficie d’une notation par une agence financière s’appuyer sur la note crédit de la contrepartie.

Il appartient ensuite à chaque entreprise dans sa politique de risques de définir les limites de risque qu’elle accepte sur chaque contrepartie. Le risque financier n’étant bien évidemment qu’un des éléments de décision.

Comme nous le constatons, le risque de contrepartie concerne de nombreux acteurs de l’entreprise et il est par nature beaucoup plus large que le risque crédit avec lequel il est souvent confondu.

Autre dossier sur le même thème

Laisser un commentaire

Avatar

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Abonnez-vous au blog

Afin de vous abonner et pour des raisons de sécurité, votre navigateur doit accepter les cookies et le JavaScript.