Directeur financier : quels sont les différents profils et compétences ?

Par le 28 mars 2020

Le poste de directeur financier constitue une perspective professionnelle enviable pour beaucoup de cadres des fonctions comptables, de gestion et financières. La direction financière est une fonction transversale clé qui contribue à la performance économique de l’entreprise et sécurise son financement. On ne commence évidemment pas sa carrière comme directeur financier, on le devient dans le cadre d’un parcours professionnel. Ce billet a pour objectif de clarifier le parcours et les compétences du directeur financier.

Quels titres pour le directeur financier ?

Plusieurs appellations existent pour désigner le responsable de la fonction finance (au sens large, englobant la comptabilité et le contrôle de gestion).  Il se nomme directeur financier, directeur administratif et financier (DAF) dans les entreprises de taille plus importante voire directeur général adjoint en charge des finances pour un grand groupe. A l’inverse, dans les entreprises de plus petite taille la fonction est assurée par un responsable administratif et financier (RAF). La personne en charge de la finance est également parfois dénommée contrôleur financier.

Parfois, le DAF se voit accaparé par les aspects non financiers de sa fonction (le A l’emporte alors sur le F !) car on lui reporte toutes les activités ne générant pas directement du chiffre d’affaires (DSI, services généraux, achats, service juridique, etc.). Il crée alors le poste de contrôleur financier lui reportant directement pour prendre en charge des affaires purement financières. Le titre de contrôleur financier est également attribué à la personne en charge des finances de la filiale d’un groupe. Comme le financement est souvent géré au niveau du groupe, sa fonction porte alors essentiellement sur la gestion budgétaire, l’animation des tableaux de bord, le reporting de son unité.


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Directeur financier, quel profil ?

Le directeur financier se compare à un chef d’orchestre. Ce dernier sait parfaitement jouer d’un ou plusieurs instruments de musique mais pas tous ceux de l’orchestre. Le directeur financier est également à la tête d’une équipe composée de nombreuses expertises qu’il ne maitrise pas en totalité (il en maîtrise certaines) mais dont il doit en avoir une compréhension suffisante. Parfois, il doit savoir convaincre un expert d’appliquer un choix conforme à l’intérêt de l’entreprise même si ce choix ne correspond pas toujours à la règle de l’art dans le cadre de son expertise.

On devient directeur financier à l’issue d’un parcours professionnel au cours duquel on a développé différentes expertises. Dans les PME, lors de la création du poste, la direction financière est parfois confiée au chef comptable.

Dans les ETI, le directeur financier est plus fréquemment passé par un cabinet d’audit ou par la fonction contrôle de gestion. Les grands cabinets d’audit procurent en effet une formation très complète et le pilotage de la performance est souvent au cœur de la direction financière. Plus rarement, le directeur financier provient de la fonction trésorerie car cette fonction est très spécialisée et centrée sur la relation bancaire ou les marchés financiers. Certains directeurs financiers d’entreprises industrielle ou commerciale sont issus de la banque.

L’entreprise embauche un ancien banquier pour son expertise en matière de financement des investissements ou de fusion-acquisition. Celui-ci évolue ensuite dans l’entreprise comme directeur financier à part entière. Finalement, certaines entreprises confient la direction financière à un cadre opérationnel, par exemple un directeur de production auquel ils donnent une formation appropriée.  

La direction financière et des ressources humaines collaborent souvent entre elles car elles ont comme point commun d’être des fonctions transverses à l’ensemble de l’entreprise.

Quelles compétences ?

Le schéma ci-dessous montre les trois grandes familles de compétences du directeur financier. Ce dernier en a préalablement développé une ou deux mais rarement les trois. Le directeur financier n’a pas nécessairement le diplôme d’expert-comptable. Il doit au moins avoir une bonne compréhension des choix comptables et de leurs enjeux pour la présentation des comptes. Pour sa prise de fonction, il lui revient alors de développer la ou les compétences manquantes.

 

Le directeur financier est le plus souvent sélectionné pour ses expertises techniques. Il doit toutefois développer un savoir-faire en termes de management, communication et leadership. Outre, les qualités classiques de management hiérarchique et leadership, deux compétences lui sont fréquemment nécessaires :

  • Le management transversal consiste à animer une communauté de personnes ne dépendant pas hiérarchiquement de soi. Cette situation se retrouve fréquemment dans la finance. Exemples : un directeur financier anime une communauté de contrôleurs de gestion de filiales rattachés hiérarchiquement au patron de leur filiale. Un credit manager groupe anime une communauté de responsables crédit décentralisés, etc, ….
  • L’accompagnement du changement. Les chantiers de transformation ne manquent pas dans la sphère finance. Ainsi, pour la digitalisation ou dématérialisation des flux de documents, le directeur financier s’appuiera souvent sur un prestataire externe pour la gestion de projet mais il lui incombe personnellement de faire adhérer ses équipes au changement, ce qui constitue par nature un acte managérial.

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Mettre en œuvre la gestion financière

Il met en œuvre la politique financière voulue par les actionnaires et en suggère également une lorsque les actionnaires ne sont pas financiers. La gestion financière porte bien évidemment sur les choix de financement, mais pas uniquement. Elle concerne également toutes les actions opérationnelles qui ont une incidence à la fois sur les capitaux engagés et le résultat. La mission du directeur financier est d’assurer la pérennité à moyen et long terme de l’entreprise et sa performance financière.

Contribution du directeur financier à l’amélioration de la performance économique

L’amélioration de la performance financière passe par la performance économique ou opérationnelle. Toutes les actions permettant d’améliorer durablement le ratio de rentabilité économique (ROCE, return on capital employed) contribuent à la performance économique d’une entité. Elles se regroupent dans l’appellation « culture cash ».

Le directeur financier contribue tout d’abord à l’amélioration de la performance économique en mettant en œuvre ou en suggérant des procédures ou outils spécifiques. Exemples :

  • fixation de plafonds de crédit pour limiter les encours de créances sur les clients à risque ;
  • procédure pour encadrer la négociation des délais de paiement client dérogatoires ;
  • demande d’acomptes clients ;
  • mise en place d’une procédure de recouvrement amiable et de traitement actif des litiges commerciaux retardant les encaissements clients ;
  • fixation d’objectifs concernant la gestion des stocks et des approvisionnements ;
  • procédure de contrôle de l’attribution des primes versées aux commerciaux, du remboursement des frais de déplacements ;
  • centralisation des achats ;
  • mise en place d’une procédure de sélection d’investissements basée notamment sur l’étude de rentabilité. Dans ce cadre, il est attendu du directeur financier qu’il ne se comporte pas uniquement comme un censeur (non, le projet n’est pas suffisamment rentable !) mais comme un apporteur de solutions : en investissant plus progressivement ou en externalisant telle tâche particulièrement consommatrice en capitaux engagés, on amène le projet au standard de rentabilité exigé).

Le directeur financier contribue également à l’amélioration de la performance économique en émettant des suggestions aux réunions du comité de direction dont il est membre à part entière. Il lui faut pour cela bien connaître le métier de l’entreprise, être reconnu par les opérationnels, sortir fréquemment de son bureau pour constater la réalité du terrain. Même si les actionnaires imposent des objectifs financiers élevés, il ne doit pas donner l’impression de se situer au-dessus des autres membres du codir.


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La culture cash, un projet transverse

La majorité de ces actions opérationnelles débordant le cadre de sa fonction, le directeur financier risque de se heurter au refus des différents responsables opérationnels sur lesquels il n’a pas de levier hiérarchique. Dans le cadre de la démarche de la culture cash, il commence par sensibiliser la direction générale sur l’importance d’agir pour qu’il exige des responsables opérationnels des propositions de plan d’action contribuant à améliorer la performance économique. Ces plans d’action sont le plus souvent connus de tous, ce qui manque le plus souvent étant la volonté de changer d’habitudes. Pour augmenter la chance de réussite de ces plans d’actions, il est évidemment préférable de les faire préalablement exprimer par les responsables opérationnels plutôt que de leur imposer. Le directeur financier accompagne ensuite les opérationnels en les aidant à chiffrer le coût, les bénéfices et la rentabilité des actions proposées.

La mise en œuvre des financements : anticiper et diversifier

La mise en œuvre des financements constitue le second volet de la gestion financière, elle repose sur deux termes clés : anticipation et diversification.

Le directeur financier anticipe tout d’abord les différents besoins de financement en actualisant constamment les prévisions :

  • Le plan de financement à moyen ou long terme (5 à 7 ans le plus souvent) constitue l’outil central pour identifier les besoins et définir les modes de financement adaptés ;
  • Les prévisions de trésorerie à court terme. Le budget annuel de trésorerie (horizon d’une année) sert à évaluer le besoin de trésorerie et négocier avec les banques les lignes de crédit à court terme. La prévision glissante de trésorerie (un à six mois) permet d’assurer la liquidité tout au long de l’année. Le directeur financier doit être à l’aise pour expliquer la source des informations, leur caractère certain, moyennement sûr ou flou, les retraitements effectués et les actions en cours pour redresser la trésorerie en cas de dérive.   

La prévision est un art que le directeur financier doit maîtriser personnellement, il ne peut se contenter de la déléguer. Dans le passé, le directeur financier était en partie évalué sur sa capacité à faire certifier les comptes (le passé), il est de plus en plus jugé sur la fiabilité de ses prévisions (le futur) car elles sont le support de la majorité des décisions financière. Savoir présenter de façon convaincante ses prévisions à des banquiers, actionnaires, etc., est une compétence clé qui assure la crédibilité du directeur financier. 

Ensuite, le directeur financier assure la pérennité de l’entreprise en diversifiant ses sources de financement, si une source se tarit, il aura encore accès à d’autres : crédits bancaires classiques, financements d’actifs (crédit-bail, location, affacturage, financement spécifique de stocks), crédits désintermédiés (euro private placement), accès aux marchés financiers pour les plus grandes entreprises.

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Houssine Il y a 2 mois

Article très intéressant pour les futurs DAF.

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