Mener l’analyse par les flux de trésorerie – Partie 2

    Par le 8 janvier 2018

    Si le tableau de flux constitue un formidable outil, son utilisation ne constitue pas une analyse déconnectée de la démarche d’analyse financière. Elle s’intègre au contraire dans cette démarche, à plusieurs niveaux. Le tableau de flux procure à la fois une vision rapide et synthétique de l’évolution de l’entreprise sur la période et fait apparaître clairement les flux ayant eu une incidence sur le fonds de roulement. Sa lecture ne se substitue pas à l’analyse de la profitabilité et des équilibres financiers.

    Rappel de la démarche d’analyse financière

    L’analyse financière est une démarche structurée en plusieurs étapes  :

    1. L’activité : évolution du chiffre d’affaires
    2. La Profitabilité : évolution du résultat net et des résultats intermédiaires (soldes intermédiaires de gestion si les charges sont classées par nature comme c’est le cas en normes françaises)
    3. Les équilibres financiers du bilan (FR – BFR = TN) ainsi que les ratios relatifs à la structure financière, à la trésorerie, les délais du BFR,…
    4. La rentabilité, analysée au travers des ratios de rentabilité économique [Résultat d’exploitation / (Immobilisations + BFR)] et de rentabilité financière [résultat net / capitaux propres]. La rentabilité constitue une synthèse entre la profitabilité et les équilibres financiers.

    L’ordre dans lequel apparaissent les étapes permet de faire apparaître entre elles des liens de cause à effet.

    Par exemple, une forte augmentation des ventes (activité) pourra avoir des répercussions négatives en termes de marge si l’entreprise consent davantage de remises (effet ciseau négatif) ou permettra de mieux absorber des charges fixes. La croissance de l’activité nécessitera sans doute de nouveaux investissements et donc un besoin de financement supplémentaire.

    L’analyse par les flux intervient au moins à deux reprises dans la démarche d’analyse financière.

    1/ Une vision synthétique de l’ensemble des événements d’une période

    Avant d’entamer la démarche d’analyse, la lecture du tableau de flux procure une vision synthétique de l’évolution financière d’ensemble sur la période : de la profitabilité avec la capacité d’autofinancement, de la gestion du BFR, des investissements en immobilisation, des choix de financement, y compris la rémunération des actionnaires sous forme de versement de dividendes et finalement de l’évolution de la trésorerie.

    En fournissant une vision d’ensemble, cette première lecture rapide et descendante du tableau de flux permet d’orienter son analyse : comment expliquer cette diminution de la CAF, cette forte augmentation du stock, quelle est l’incidence d’un emprunt de montant élevé sur les ratios de structure,….

    2/ Identifier les flux relatifs à l’investissement et au financement.

    Les opérations d’investissement et de financement ont bien évidemment une incidence sur les équilibres financiers du bilan, plus précisément sur le fonds de roulement. Le bilan donne toutefois une vision cumulée et statique qui masque les flux. Il convient donc d’identifier les flux de trésorerie d’investissement et de financement préalablement à l’analyse des équilibres financiers.

    Certains flux s’apparentant à des opérations d’investissement ou de financement ne figurent toutefois pas au tableau de flux car elles ne génèrent pas un flux de trésorerie même si elles figurent au bilan :

    Les opérations de crédit-bail ou location financière (location financement en normes IFRS)

    A la signature du contrat de crédit-bail, l’entreprise utilisatrice reçoit à disposition le matériel objet du contrat. Il n’y a toutefois pas les flux de trésorerie qui apparaîtraient en cas d’acquisition : argent mis à disposition par la banque et paiement du fournisseur. Aucun flux initial n’apparaît au tableau de flux même si l’immobilisation et l’emprunt correspondant apparaissent au bilan. Seuls figureront au tableau de flux les remboursements pour leur part en capital.

    Les conversions d’emprunts en actions

    Certains emprunts obligataires prévoient une option de conversion en faveur du prêteur. Au bilan, la conversion se traduit par une diminution de la dette et une augmentation des capitaux propres (capital & prime d’émission). Une fois encore, cette opération ne se traduit pas par des flux de trésorerie et n’apparaît donc pas au bilan.

    L’acquisition d’une entité avec paiement par échange d’action

    L’entreprise qui acquiert une entité émet de nouvelles actions et les remet en échange des actions de l’entité dont elle prend le contrôle. Cette opération apparaîtra au bilan mais pas au tableau de flux, ou alors seulement pour un solde éventuellement en espèces (la soulte).

    Les limites de l’analyse par les flux

    L’analyse par les flux ne se substitue pas à l’analyse de la profitabilité. Seule une analyse détaillée du compte de résultat permet d’expliquer l’évolution du résultat (effets ciseaux et absorption des charges fixes).

    Il ne substitue pas non plus à l’analyse des équilibres financiers. Seul le bilan donne la vision cumulée des immobilisations, des postes du BFR, des capitaux propres, emprunts,…. et permet le calcul des ratios d’endettement.

    Lire aussi : Mener l’analyse par les flux de trésorerie – partie 1

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    Investiss Il y a 2 mois

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