Le centre de services partagés est-il la une réponse organisationnelle performante pour la comptabilité ?

Par le 22 février 2016

L’activité comptable est une activité de production, comme toute activité elle doit s’attaquer à l’amélioration de la qualité, tout en réduisant les coûts et les délais. La création d’un centre de services partagés (CSP) est une réponse organisationnelle largement mise en œuvre actuellement dans les entreprises.

Le centre de services partagés est-il la une réponse organisationnelle performante pour la comptabilité ?

© Shutterstock

Lorsqu’une entreprise met en place un CSP, quelles sont ses principales attentes ?

D’un point de vue opérationnel,  3 axes d’améliorations sont attendus d’un CSP en termes de performance de la fonction comptable :

  • Professionnaliser la fonction comptable : dans un contexte de complexité croissante des normes réglementaires, la spécialisation des activités apparaît une réponse pour davantage de compétences et de sécurité dans les activités réalisées.
  • Homogénéiser les pratiques est clairement un moyen de gagner en efficacité et productivité mais également un moyen de réduire les délais de production des informations financière.
  • Réduire les coûts et en particulier les coûts salariaux qui représentent environ les 75% des coûts de la fonction.

Clairement un CSP semble répondre aux contraintes posées par l’équation:  Coûts+qualité+délai = performance

Les impacts positifs de la création d’un CSP sont-ils toujours au rendez-vous ?

Différentes études s’accordent  pour reconnaître une amélioration de la qualité. Cette qualité se traduit par une meilleure fiabilité de l’information comptable et financière, une meilleure maîtrise de la production et des délais de mise à disposition des informations comptables et financières optimisés. Ces résultats peuvent être atteints par l’optimisation des processus et de l’organisation. En effet, la mise en place d’un CSP impose de revisiter complètement les processus organisationnels et forcément dans une logique de progrès et d’amélioration de l’efficience. Généralement, ce retour n’est pas immédiat car il faut traverser une période de mise en place et de rodage mais est atteint dès que le CSP a acquis une certaine maturité.

La mise en place d’un CSP modifie profondément la gestion des ressources humaines. Il permet d’accroitre la professionnalisation de la fonction comptable en spécialisant les comptables. Il permet également d’organiser des filières métier et de proposer des parcours au sein de la filière comptable. Il répond à l’enjeu de professionnalisation et ouvre des perspectives de progression pour un comptable plus aisées dans la mesure où la taille du CSP est par définition plus importante que celle des services comptables d’une entreprise.

Enfin, une réduction des coûts est atteinte même si elle peut être souvent en deçà des espérances ou tout du moins atteinte sur un délai plus long.

Quels seraient les principaux points négatifs ?

Deux points importants sont fréquemment mentionnés. Tout d’abord, un manque de variété des activités des collaborateurs lié à un renforcement de la spécialisation et à une certaine « taylorisation » des tâches. Cela peut conduire à une certaine lassitude et à une perte possible de motivation des équipes.

Ensuite, un éloignement par rapport aux activités opérationnelles et le ressenti d’un certain cloisonnement. Deux aspects presque inhérents à la création d’un CSP qui peuvent être sans doute atténués par la mise en œuvre d’une véritable posture « client ». La logique change, les comptables doivent adopter une logique de prestataires et envisager différemment leurs relations avec les entités opérationnelles.

L’équation humaine au cœur de la réussite

La dimension humaine est la principale difficulté au moment  d’un projet de création de CSP mais également au-delà durant son fonctionnement.Au moment de la création, comme tout projet de transformation, les clés du succès sont :

  • Anticipation des implications sociales
  • Communication et dialogue pendant tout le projet
  • Accompagnement du changement

Ensuite, sur la durée, l’enjeu demeure de professionnaliser et spécialiser tout en évitant le cloisonnement et en ouvrant des perspectives d’évolution aux collaborateurs. Il s’agit de favoriser la mobilité pour créer de véritables parcours de carrière au sein d’un CSP. C’est sans doute, un des points les plus positifs pour un collaborateur d’ouvrir ainsi des aires de mobilité plus aisément au sein de la fonction même si la réalisation se heurte parfois à des difficultés notamment de mobilité géographique.

En conclusion, le CSP est une réponse organisationnelle aux enjeux actuels de professionnalisation et de compétitivité. Mais la partie ne sera gagnée que si les enjeux humains ne sont pas oubliés.

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