Le risque de change sur les capitaux propres consolidés

Par le 3 juillet 2015

Une entreprise peut exercer de deux façons ses activités à l’étranger : soit conclure des transactions en monnaie étrangère, soit avoir des activités à l’étranger dans un pays en dehors de la zone euro. Nous traiterons des activités à l’étranger et des incidences sur les comptes consolidés.

Les fluctuations des cours des devises étrangères peuvent avoir une incidence sur les éléments du compte de résultat mais aussi plus largement sur le montant des capitaux propres. L’objet de cet article est de comprendre comment se matérialise le risque de change sur l’actif net des entités consolidées localisées hors zone euro et comment ce risque peut être couvert.

Le risque de change sur les capitaux propres consolidés

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Le risque de change sur l’actif net des filiales étrangères

Lorsque qu’un groupe possède des titres d’une société étrangère en dehors de la zone euro, ce groupe est exposé à un risque de change sur cet investissement en devises étrangères, dans les comptes consolidés cette exposition au risque de change se matérialise de la façon suivante :

Actif net de la filiale + écart d’acquisition

En effet, on comprend aisément que s’agissant d’une entité étrangère celle-ci possédant des actifs en devises et supportant des dettes en devises, l’exposition au risque de change correspond au montant des capitaux propres également dénommé actif net (des passifs). A cet actif net s’ajoute l’écart d’acquisition s’il existe. En conséquence, à chaque clôture en fonction de l’évolution des taux de change, l’incidence des variations du cours des devises sera positionnée dans la rubrique écart de conversion. Une variation positive traduit un effet change favorable, c’est à dire que la devise de l’entité s’est valorisée par rapport à la monnaie de consolidation, l’euro s’il s’agit d’une société mère établissant ses comptes en euro. A l’inverse, si la variation de l’écart de conversion est négative, l’effet change est défavorable sur la période. Le solde de la rubrique écart de conversion traduit l’effet change favorable ou défavorable depuis l’entrée de l’entité dans le périmètre de consolidation.

Bien évidemment, la volatilité des cours de change entraîne une volatilité des capitaux propres consolidés, pour certains groupes très investis à l’étranger cette volatilité peut être perturbante.  Afin de limiter la volatilité des capitaux propres en raison des variations des cours des devises, les groupes peuvent décider de mettre en place des couvertures du risque de change totales ou partielles de la situation nette en devise.

Couverture du risque de change

Rappelons que l’objectif d’une couverture est de neutraliser un risque de façon à ce que la variation de valeur de l’élément couvert (situation nette en devises) et de l’instrument de couverture soient de sens opposé et se compensent. La couverture est parfaite si la variation de valeur de l’élément couvert et de l’instrument de couverture sont de même montant mais de sens inverse.

Plusieurs techniques existent pour parvenir à couvrir l’exposition au risque de change de l’actif net de filiales en devises.

  • Adossement de l’actif au passif, il s’agit d’augmenter le passif en devises pour diminuer l’exposition au risque de change. En effet, si les dettes en devises augmentent, l’actif net en devises diminue.
  • Couvertures de marché avec un recours à des instruments financiers dérivés, par exemple des ventes à terme de la position nette en devise réduisent l’exposition au risque de change.

En normes IFRS, ce type d’opération est éligible à la comptabilité de couverture si les conditions d’efficacité et de documentation sont convenablement remplies. On parle de couverture NIH (net investment hedge) ou couverture d’un investissement net. Pour traduire en comptabilité cette opération de couverture, la variation de valeur de l’instrument de couverture (dette en devises ou dérivé) sera enregistrée directement en capitaux propres de façon identique mais opposée à celle de l’élément couvert (les capitaux propres en devise). Ce mode d’enregistrement traduit l’objectif de gestion du risque de change. Lorsque les instruments de couverture ne sont pas disponibles ou lorsque leur coût est prohibitif, ces positions de change restent ouvertes. Le groupe assume donc le risque de variation de ses capitaux propres consolidés en raison du risque de change.

Lecture dans les états financiers

Revenons à l’exemple du groupe Renault exposé au risque de change sur ses activités implantées à l’étranger.

Le groupe Renault, comme nous le savons détient une part du capital de Nissan et consolide cette entité. Le groupe Renault a donc une exposition importante au risque de variation du JPY /EUR. En 2013, la variation de l’écart de conversion relatif à Nissan est négative de 1851 millions d’euros. Le groupe Renault ne couvre donc pas totalement son exposition au risque de change. On trouvera l’explication en annexe où la politique de gestion des risques financiers en application de la norme IFRS 7 est présentée. Le groupe Renault explique : « les investissements en fonds propres ne font pas l’objet de couvertures de change, à l’exception de celui dans Nissan pour un montant de 112 milliards de Yen au 31 décembre 2013 », cette couverture est donc partielle.

En conclusion, la lecture des comptes consolidés d’un groupe disposant d’activités à l’étranger nécessite de bien comprendre comment le groupe adresse la gestion du risque de change. On trouvera dans l’annexe des comptes les éléments explicatifs ainsi que des informations sur les variations enregistrées dans les états financiers.

 

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Fabrice Il y a 2 années

vous parlez de revenir à Renault (vous n’en parlez pas auparavant) et vous parlez d’annexe que je ne trouve pas.

Cet article fait il partie d’un article plus volumineux et en est il extrait ?

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