La place du DAF dans la RSE – partie 2

Par le 14 janvier 2014

La mise en œuvre de la RSE, notamment la réalisation du bilan carbone, nécessite des compétences techniques qui ne relèvent à priori pas du DAF. En quoi la politique environnementale rejoint les préoccupations fondamentales du DAF : l’amélioration de la performance économique et la maîtrise des risques.

rse et intégration dans le modèle économique du daf

L’intérêt de développer une sensibilité environnementale

Nous pensons que le Directeur Administratif et Financier a intérêt de développer une sensibilité environnementale et à s’intéresser de près à la politique RSE de l’entreprise car celles-ci rejoignent ses deux préoccupations fondamentales : l’amélioration de la performance économique et la maîtrise de l’ensemble des risques.

L’idée fondamentale est que la politique RSE et l’impératif de performance économique ne doivent pas être perçus comme contradictoires mais plutôt liés.

Actuellement, les entreprises sont nombreuses à demander des bilans énergétiques car elles y découvrent des sources importantes d’économies. Ces sources d’économies nécessitent souvent des investissements entre lesquels il convient d’arbitrer, en fonction non seulement de leur incidence environnementale mais également de leur rentabilité économique dans le cadre d’un comité d’investissement.

Les entreprises fortement consommatrices en énergie ont parfois des investissements extrêmement importants à réaliser, souvent rentables sur longue durée, dont il faut étudier avec soin la rentabilité et les risques dans le cadre de différents scénarios.

Ces plans d’action et leurs conséquences en termes de coût sont à intégrer dans les business plans à 3-4 ans et les budgets annuels.

Un modèle économique modifié

La préoccupation environnementale conduit parfois l’entreprise à modifier son modèle économique. Le DAF en évalue alors les implications en termes de rentabilité et de maîtrise des risques.

Illustrons notre propos :

Le dirigeant d’une entreprise de nettoyage découvre qu’une partie significative de ses clients souhaite savoir quels produits de nettoyage il utilise. Il gagne de nouveaux marchés en affichant les mesures écologiques qu’il pratique : utilisation de « produits verts », réduction de la consommation d’eau, ….

Les indicateurs environnementaux

Des indicateurs de développement durable (consommation d’énergie, de matières premières,…) sont à intégrer dans les tableaux de bord des managers opérationnels. Il ne s’agit pas de créer un tableau de bord spécifique développement durable mais plutôt de combiner ces indicateurs avec les indicateurs de performance dans un seul tableau de bord.

Plus largement, l’entreprise qui affiche des réalisations concrète en matière environnementale améliore notoirement son image de marque tant cette préoccupation est importante dans l’opinion. C’est un atout qui aura des répercussions favorables au plan commercial (réponses aux appels d’offres, publics ou privés), sur le recrutement de nouveaux talents et fidélisation du personnel,…. sans que ces avantages soient forcément faciles à chiffrer.

Du côté de la maîtrise des risques

La politique RSE est également liée à la maîtrise des risques. Ainsi, une entreprise dont l’activité est polluante a intérêt à adopter une attitude volontariste de réduction de ses nuisances pour réduire le risque d’un refus d’implantation d’une collectivité où elle prévoit de s’établir. Exemples Une enquête de l’assureur Generali établit une corrélation positive entre l’intensité de l’engagement RSE de l’entreprise et sa sinistralité (fréquence des litiges) ce qui incite l’assureur à prévoir de tels engagements dans ses contrats.

L’amélioration de la performance économique et la réduction des risques qui résultent d’une politique environnementale ont une répercussion favorable sur la valorisation de l’entreprise. En cas de cession d’entreprise, la valeur patrimoniale des terrains et bâtiments peut être considérablement diminuée du fait de leur pollution. Rappelons que l’on valorise habituellement l’entreprise à partir de ses flux de trésorerie prévisionnels actualisés au coût moyen pondéré des capitaux (CMPC) qui représente l’attente de rendement de l’ensemble des apporteurs de fonds, prêteurs et des investisseurs.

Un avantage concurrentiel

La préoccupation environnementale étant croissante, l’entreprise en avance sur ce domaine acquiert un avantage concurrentiel qui se retrouve dans sa valorisation. Les cash-flows prévisionnels d’une entreprise qui maîtrise son risque environnemental sont moins aléatoires. Les investisseurs appliquent un taux d’actualisation plus faible car ils perçoivent l’entreprise comme moins risquée.
L’étude ODDO Securities citée par le cabinet RSE Management résume ainsi : « Les opportunités et les risques associés aux critères ESG ont une incidence directe sur les projections de trésorerie et sur le coût du capital des entreprises ».

 

Lire aussi : Le DAF et le développement durable – Partie 1

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