Le « crowdfunding » va-t-il révolutionner le financement des start-ups ?

Par le 6 novembre 2013

Littéralement, « Crowdfunding signifie « financement par la foule » est désigné sous l’appellation finance participative. On assiste à un essor de plateformes internet mettant en relation des porteurs de projets ou créateurs d’entreprises en recherche de financement avec des particuliers désireux de participer à leur financement.

Cet engouement qui vient des Etats-Unis a plusieurs origines :

  • Bien évidemment, la raréfaction du crédit bancaire, qui touche particulièrement les créateurs et les pousse à trouver des financements alternatifs ;
  • Le capital de sympathie pour les créateurs qui fait que des particuliers, même s’ils n’ont pas la fibre entrepreneuriale participent volontiers même pour des montants modestes au financement d’un projet qui les séduit (finance coup de cœur). Sur la plate-forme, le créateur met en valeur son projet par des photos représentant son produit, par des vidéos expliquant son histoire, son projet, ses valeurs,… ;
  • La qualité des plates-formes internet qui constituent le support technique à cette activité ;

Les financements peuvent prendre différentes formes :

  • Souscription de titres (actions ou obligations) ;
  •  Prêts, avec ou sans intérêts. Le crowdfunding vient alors heurter le monopole des établissements de crédit concernant les opérations de crédit. Seules les plateformes ayant un agrément bancaire peuvent réaliser un prêt à intérêt.
  •  Dons avec ou sans contreparties. La contrepartie peut-être un produit gratuit de l’entreprise, une place de spectacle, … ;

Le crowd funding connaît une croissance dans tous les pays développés

Un article du journal Les Echos du 5 novembre 2013, évalue les levées de fonds à 5,1 milliards de dollars au niveau mondial, en croissance de 93% par rapport à 2012. Aux Etats-Unis, la SEC, gendarme de la bourse américaine vient d’autoriser les start-up à lever jusque 1 millions de dollars sur le WEB sans solliciter des investisseurs accrédités. En France, le secteur devrait représenter en 2014 33 millions d’investissements, 25 000 projets et 500 000 épargnants, le niveau de 2012 étant atteint à fin septembre 2013.

La finance participative n’est évidemment pas sans risques pour les épargnants

Les épargnants n’ont pas nécessairement la compétence permettant d’évaluer la viabilité du projet, la capacité de remboursement de la start-up. Les plates-formes sélectionnent les projets qui leur semblent viables et ont l’obligation de renseigner les épargnants sur le niveau de risque encouru.

Aux Etats-Unis, des verrous sont prévus pour sécuriser les épargnants, un particulier gagnant moins de 100 00 dollars ne pourra pas investir plus de 2 000 dollars.

En France, il est prévu qu’une loi encadre cette activité en 2014

Au salon de la finance participative, qui s’est tenu à Paris en octobre, la ministre de l’innovation et des PME a évoqué la fixation d’un double seuil :

  • Un particulier pourrait investir une somme de 250 € maximum sur un projet, rien ne l’empêchant toutefois d’investir simultanément 250 € dans plusieurs projets ;
  • Une plateforme Internet pourrait servir d’intermédiaire pour un projet pour un montant maximum de 300 000 €. Au-delà, un agrément bancaire serait nécessaire. Cet agrément bancaire est nécessaire pour que s’appliquent les dispositions anti-blanchiment.
    Le projet de loi étant en phase de consultation jusqu’au 15 novembre, ces montants ne sont pas définitifs.

L’activité du crowdfunding en est encore au stade artisanal. Il est paraît inéluctable que la professionnalisation croissante des acteurs de la finance participative  fasse de cette activité un canal de financement majeur pour les start-ups dans les années à venir. Le créateur devra développer ses talents de communication et adopter une démarche pro-active pour assurer le financement de son projet.

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