L’analyse financière, une démarche structurée (2/2)

    Par le 5 avril 2017

    Mener l’analyse financière d’une entreprise consiste à porter un jugement sur sa performance économique et sa situation financière, à partir de ses documents comptables et de la connaissance de son environnement. Cela consiste également à s’efforcer d’extrapoler l’analyse du passé vers l’avenir.

    Analyse des équilibres financiers

    Ces équilibres financiers se déterminent à partir du bilan qui repose sur un équilibre entre des capitaux employés et des ressources financières.
    Les anglo-saxons analysent le bilan liquidité qui distingue les dettes « décaissables » à plus d’un an, de celles qui sont « décaissables » à moins d’un an, quel qu’en soit la nature, financière ou d’exploitation. Il fait apparaître le fonds de roulement liquidité.
    Le bilan fonctionnel fait apparaître quant à lui une relation entre trois agrégats :

    Fonds de roulement (FR) – Besoin en fonds de roulement (BFR) = Trésorerie nette (TN)

    Cette présentation du bilan a été conçue par les analystes financiers de la Banque de France après le premier choc pétrolier au milieu des années 70 et la vague de défaillances d’entreprises qui s’ensuivit. Leur objectif était de détecter et diagnostiquer les crises de trésorerie.

    Analyse du FR

    Après avoir examiné l’évolution du fonds de roulement proprement dite, l’analyste porte son attention sur ses différentes composantes :

    • L’entreprise a-t-elle investi en immobilisations ? Quelle est la nature de ces investissements, matériels ou financiers ? ;
      Comment a-t-elle financée ses investissements ?
    • N’est-elle pas trop endettée à MLT (ratio composition des capitaux permanents), est-elle à priori capable de rembourser ses emprunts à MLT (ratio de capacité dynamique de remboursement) ?
    • Dispose-t-elle des apports d’actionnaires (capitaux propres ou comptes courants d’associés bloqués ou non) suffisants (ratio d’autonomie financière) ?

    Analyse du BFR

    Le BFR représente le besoin de financement du cycle d’exploitation, le directeur financier a une double préoccupation à son égard :

    • Veiller à ce que les actifs circulants d’exploitation soient bien gérés, notamment grâce aux actions menés par les opérationnels sur les stocks, encours, créances clients, acomptes clients…
    • Assurer son financement.

    L’analyse porte tout d’abord sur l’évolution du BFR exprimé en montant puis exprimé en jours de ventes HT. Analyser le BFR en délais permet de comparer des entreprises de tailles différentes et de se référer à une moyenne sectorielle. Le BFR étant la résultante de différents postes, il convient finalement d’examiner les différents délais : stocks, clients, fournisseurs, taux d’acompte.

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    Analyse de la Trésorerie Nette (TN)

    Excédentaire ou emprunteuse à CT, la position de trésorerie assure l’égalité entre l’ensemble des emplois et des ressources. Toute défaillance d’entreprise provient d’une dégradation de la trésorerie dont il convient de trouver la cause pour pouvoir la résoudre ou l’anticiper. La position de trésorerie nette n’étant que la résultante du FR et du BFR, son évolution ne s’interprète que par la variation des agrégats en amont, le FR ou le BFR.

      Var du FR –  Var du BFR = Var de la TN

    Le schéma ci-dessous nous  montre que l’analyse par les ratios ne constitue pas une analyse « à part » mais qu’elle s’insère dans l’analyse des équilibres et de la structure financière. Ainsi, les ratios de structure répondent à des questions que se pose l’analyste concernant les capitaux permanents.

    Analyser la rentabilité économique et financière

    Les ratios de rentabilité ne sont pas analysés systématiquement. Ainsi, un responsable crédit analysant la solvabilité à court terme d’un client se limite généralement à l’analyse de la profitabilité, du BFR et de la position de trésorerie. Rappelons que le terme « rentabilité » fait référence au rapport entre un résultat et des capitaux investis.

    La rentabilité économique porte sur les capitaux employés, immobilisations et BFR. Le schéma ci-dessous indique que ce ratio évalue la performance économique d’ensemble d’une activité.

    Le ratio de rentabilité financière

    Le ratio de rentabilité financière est égal au rapport entre le résultat net et les capitaux propres comptables. Il évalue la rentabilité des capitaux propres confiés par les actionnaires à l’entreprise. La rentabilité des actionnaires s’évaluerait sur leur prix d’achat des titres le plus souvent différente des capitaux propres comptables. Augmenter la rentabilité sur les capitaux propres constitue un objectif pour les investisseurs.

    Le schéma ci-dessous montre qu’une bonne rentabilité économique contribue, non seulement à améliorer la rentabilité des capitaux propres, mais aussi à renforcer la structure financière (rapport capitaux propres/dettes financières). Un résultat élevé contribue à augmenter les capitaux propres tandis que la maîtrise des immobilisations et du BFR diminue le besoin de financement externe.

    Ces ratios représentent toutefois des mesures souvent imparfaites car la rentabilité d’un investissement s’évalue à partir de ses flux de trésorerie sur sa durée qui est un horizon pluriannuel.

    Les qualités de l’analyste

    Rigueur dans la démarche

    C’est en suivant la démarche structurée que nous avons déroulée que l’analyste évitera de se noyer dans la masse de données chiffrées et pourra faire apparaître des liens de cause à effet entre les différentes étapes.

    Esprit de synthèse

    Il convient de faire ressortir les points clés à chaque étape sans se noyer dans les détails. Imaginez que vous prépariez la présentation de la situation financière de l’entreprise devant le conseil d’administration, vous allez faire ressortir trois ou quatre points clés à chaque étape.

    Savoir faire parler les chiffres

    Tout au long de la démarche, l’analyste fait le lien entre sa connaissance de l’entreprise et du secteur d’activité et les données chiffrées. Il fait ressortir les chiffres caractéristiques : « Derrière chaque chiffre, il y a une histoire qu’il convient de découvrir ». Par exemple, un ratio d’autonomie financière (capitaux propres/passif) de 50% peut refléter la politique financière prudente d’un actionnariat familial, la nécessité de financer des encours de production importants…

    Extrapoler du passé vers l’avenir

    Quelles sont les perspectives d’évolution du marché sur lequel l’entreprise se situe? L’entreprise a-t-elle développé des relais de croissance ?

    Des investissements importants sont ils prévus dans les deux années suivantes ? Les ratios de structure peuvent être dégradés suite à des investissements qui viennent d’être réalisés et s’améliorer mécaniquement les années suivantes grâce aux remboursements.

    Les banquiers vous ont-ils indiqué qu’ils vous accompagneraient si vous les sollicitiez pour le financement d’un investissement ou l’augmentation d’une ligne de crédit à CT ?

    Les actionnaires seront ils en mesure de faire de nouveaux apports en capital ou comptes courants si nécessaire ? Le cas échéant, acceptent-ils de partager le contrôle en faisant entrer de nouveaux investisseurs ?

    Retrouver la première partie de ce billet ici.

     

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