De l’importance du creux de trésorerie maximal

    Par le 9 janvier 2017

    Dans les calculs de rentabilité économique réalisés dans le cadre de la sélection de projets d’investissement, le « creux de trésorerie maximal » ne constitue pas en soi un critère de sélection mais peut constituer un critère de rejet lorsqu’il est trop important. Il constitue dans certains secteurs d’activité un élément clé dans la décision de lancer ou non un nouveau projet. Pour les entreprises travaillant « sur affaires », ce critère est utilisé pour négocier le « co-financement » des coûts de développement.

    Un critère complémentaire des critères de rentabilité

    Rappelons que la rentabilité économique d’un projet se calcule à partir des flux de trésorerie d’investissement (FTI) et des flux de trésorerie d’exploitation (FTE) spécifiques à ce projet. Le creux de trésorerie maximum se détermine à partir des flux de trésorerie disponibles (FTD = -FTI+ FTE) actualisés et cumulés. Il se visualise souvent sur le graphe de la courbe de trésorerie du projet.

    En soi, le creux de trésorerie maximum n’évalue pas la performance économique intrinsèque du projet :
    ‒ Le taux de rentabilité interne (TRI) mesure la rentabilité intrinsèque ;
    ‒ La valeur actualisée nette (Van) et l’indice de profitabilité (Ip) évaluent la valeur créée au-delà d’un taux de rendement attendu ;
    ‒ Le délai de récupération évalue le délai à l’issue duquel l’entreprise aura récupéré la mise de fonds correspondant à l’investissement initial.

    Un projet peut-être très rentable mais difficilement finançable car l’entreprise ne dispose pas des ressources suffisantes (apports en capital ou comptes courants d’associés, réserves, emprunts à MLT, lignes de crédit à CT …) pour financer ce creux maximum ou pas sur l’ensemble les affaires commerciales et projets qu’elle souhaite entreprendre.

    Ce creux de trésorerie résulte :
    ‒ Des investissements en immobilisations ;
    ‒ Des pertes éventuelles de démarrage et de la constitution du besoin en fonds de roulement qui viennent en déduction du flux de trésorerie d’exploitation

    Illustration du creux de trésorerie

    Un équipementier dans le domaine aéronautique gère plusieurs projets pour le compte de sa clientèle. Ces projets ont une durée moyenne extrêmement longue, jusque 40 ans et nécessitent des investissements initiaux importants : recherche et développement, fabrication de prototypes, chaînes de fabrication. Le contrat prévoit que le fournisseur finance lui-même ces coûts de développement, au moins en partie, et récupère ensuite cette mise de fonds  dans le prix de vente des pièces sur la durée de commercialisation.

    Les ressources financières étant par nature limitées, avant d’accepter une nouvelle affaire, outre les critères de rentabilité économique, l’équipementier veillera à ce que ce creux de trésorerie maximal, appelé dans l’entreprise « point bas cash » soit finançable et ne soit pas disproportionné par rapport à la valeur créée par le projet.

    Comment agir sur le creux de trésorerie maximal

    Tout d’abord, comme pour tout projet, l’entreprise s’efforce d’agir sur les flux de trésorerie du projet pour en améliorer la performance :

    • Investir progressivement en veillant à ce qu’une partie des investissements soient réalisés lorsque les FTE sont devenus positifs ;
    • Externaliser des activités consommatrices en investissement et BFR et non stratégiques ;
    • S’efforcer de variabiliser des charges pour gagner en flexibilité et limiter les pertes en cas de sous-activité ;
    • Utiliser des actifs sous-exploités dans l’entreprise pris en compte pour un coût marginal faible ou nul ;

    Finalement, l’équipementier s’efforcera d’obtenir de son client, dans le cadre de la négociation commerciale, un co-financement du coût de développement afin de réduire son propre creux de trésorerie maximal et d’impliquer financièrement son client.

    Pour aller plus loin :

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