L’impact de Bâle III sur le financement des grandes entreprises par les BFI 1/2

    Par le 17 décembre 2013

    Le renforcement des dispositifs de gouvernance des risques bancaires, les changements de business model , les modifications organisationnelles associées à la mise en œuvre de Bâle 3 ont des conséquences significatives sur le financement des grandes entreprises.

    Cet article présente les 2 premières conséquences.

    Bâle III a un impact certain sur le renforcement des dispositifs de gouvernance des risques bancaires, les changements de business model , les modifications organisationnelles. Voyons ici les premières conséquences sur le financement des grandes entreprises associées à la mise en œuvre de Bâle III.

    L’impact de Bâle III sur le financement des grandes entreprises par les BFI 1/2

    Les Banques de Finance et d’Investissement (BFI) limitent l’octroi de crédits aux grandes entreprises

    La tendance générale est à la limitation des encours de crédit avec une priorité donnée au court terme, à la réduction du financement bancaire à long terme, et une orientation vers le recours au marché obligataire :

    • Une tarification à la  hausse, et un « durcissement » de la relation commerciale mettant en évidence l’importance de la qualité de la négociation,
    • Des crédits bancaires plus restrictifs, eu égard aux contraintes de fonds propres alloués, une aversion plus ressentie aux maturités longs et aux engagements élevés,
    • Un arbitrage risque/rentabilité plus serré, et une sélection amont plus restrictive

    Les BFI se concentrent sur les entreprises ayant un rating de qualité

    L’interrelation entre la notation et la tarification bancaire

    Avec Bâle 3, une grande entreprise bien notée peut bénéficier de tarifs attractifs du fait de la faible mobilisation de fonds propres pour la BFI.

    Les BFI ont, via le processus de risk management bancaire,  des RAROC cibles à respecter. La tarification est donc alignée sur le profil de risque du client. Plus l’opération envisagée est consommatrice de fonds propres, plus le niveau de ROE exigé sera élevé.

    Pour une BFI le montant de la perte escomptée sur une opération se détermine de la façon suivante sur la base d’un modèle interne :    Expected Loss = PD *LGD*EAD

    Elle correspond au montant moyen des pertes qu’une banque peut s’attendre à subir sur une période donnée

    Avec PD : probabilité de défaut, LGD taux de  perte en cas de défaut, EAD exposition au risque au moment du défaut (montant de l’encours restant dû)

    L’impact de la notation sur l’allocation de fonds propres bancaires

    Les Banques de Financement et d’Investissement cherchent à mobiliser moins de fonds propres. En phase de mobilisation de fonds propres associés à une opération de crédit, les BFI cherchent à réduire leur bilan, soit par cession d’actifs, soit par mise sous contrôle du niveau de consommation de RWA dans les nouvelles opérations bancaires.

    Au final, pour augmenter leurs fonds propres, les banques devront, soit pousser leur résultat opérationnel en continuant l’industrialisation de leur business model et en rationalisant leur canaux de distribution, soit augmenter leur capital social au titre de la compliance Bâle 3, ce qui sera vraisemblablement mal perçu par les agences de notation et les analystes financiers.

     

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